Leadership

Comment le pasteur Mark transmet son autorité

Article
09.25.2020

Le « Pasteur Mark Dever » a eu de nombreuses occasions d’acquérir de l’autorité au fil des ans, dont certaines qu’il garde, et d’autres qu’il transmet. Et la façon dont il transmet son autorité a façonné la culture de notre église de multiples façons.

Voici 20 façons dont il distribue l’autorité, suivies de 10 façons dont cela façonne la culture de notre église. Certaines ne s’appliquent qu’aux pasteurs principaux, d’autres s’appliquent à nous tous.

LES FAÇONS DE DISTRIBUER L’AUTORITÉ

  1. Construire l’église sur l’évangile. Peu importe qui enseigne, l’évangile doit être au premier plan. Le pasteur Mark a établi ce modèle. Lorsque les relations et les structures de pouvoir sont fondées sur l’évangile, les gens utilisent leur autorité non pas pour dominer les uns sur les autres, mais pour se servir les uns les autres (Mt 20.25-28).
  2. Établir une pluralité d’anciens salariés et non-salariés. Dans un conseil des anciens composé exclusivement d’anciens salariés, chaque homme dispose d’une voix, mais la structure du personnel impose une hiérarchie. L’ajout d’anciens non-salariés au conseil perturbe et aplanit cette hiérarchie.
  3. Limiter le pourcentage de prédication dans les créneaux principaux. Mark, avec l’accord des anciens, se limite à prêcher 50 à 65 % des dimanches matins. De cette façon, d’autres voix ont la possibilité de se développer et de gagner en autorité. La congrégation devient plus dépendante de la Parole que d’un seul homme.
  4. Créer de nombreuses autres occasions d’enseigner. Notre église dispose d’environ 80 créneaux d’enseignement pour des cours d’école du dimanche pour adultes au cours de l’année (chaque créneau consiste en un cours de 7 à 13 semaines), ainsi que 52 possibilités de prêcher une méditation du dimanche soir, ainsi que quelques dizaines de possibilités d’enseigner une étude biblique du mercredi soir. En tout, il y a environ 150 occasions pour d’autres hommes d’enseigner à la congrégation, et je n’ai même pas mentionné les groupes de maison. Lorsque les hommes se montrent compétents dans l’enseignement, ils acquièrent de l’autorité.
  5. Il ne prêche que rarement (ou jamais) pendant le culte du dimanche soir. Mark ne prêche jamais lors du culte du dimanche soir de notre église. Au lieu de cela, l’église entend un ancien ou un futur ancien.
  6. Donnez aux jeunes enseignants la possibilité de faire des erreurs. Je peux penser à un ou deux cas où un professeur ou un prédicateur a dit quelque chose de si inapproprié qu’on ne lui a pas demandé d’enseigner à nouveau. Mais en général, les jeunes enseignants ont une grande marge de manœuvre dans notre église pour être ennuyeux et faire des erreurs. Comme l’église est plus dépendante de la Parole que du pasteur Mark, ils ont beaucoup de patience pour les jeunes hommes.
  7. Laissez les autres vous voler vos idées. Le pasteur Mark laisse les autres enseignants de l’église adapter librement ses anecdotes, emprunter ses meilleures répliques et imiter ses messages.
  8. Soyez prêt à perdre les votes des anciens. J’ai entendu parler d’autres pasteurs principaux qui « ne perdent jamais de votes ». Quand c’est le cas, autant se débarrasser de ses anciens. Voilà ce qu’on appelle saper leur leadership !
  9. Soyez lent à parler, et parlez avec modération dans les réunions d’anciens. Trois fois par an, les anciens accueillent un certain nombre de pasteurs d’autres églises pour observer nos réunions d’anciens. Ces pasteurs mentionnent souvent leur surprise devant le peu de paroles de Mark, et la volonté des autres anciens d’être en désaccord avec lui.
  10. Ne soyez pas le président des réunions des anciens ou des membres. Donner à un autre homme la possibilité d’être le président qui à la fois fixe l’ordre du jour et dirige la réunion est un moyen facile de répartir l’autorité.
  11. Laissez les autres anciens diriger la congrégation sur les questions difficiles lors des réunions des membres. Lorsqu’il s’agit de diriger l’église dans le cadre de cas de discipline, de décisions financières importantes ou d’autres sujets difficiles, l’ancien le plus impliqué peut être le mieux placé pour diriger publiquement l’église.
  12. Utilisez un « comité chargé de gérer les invitations ». Si vous êtes un pasteur qui reçoit régulièrement des invitations à prendre la parole en dehors de votre église, faites appel à un comité composé de membres du personnel et/ou d’anciens pour vous aider à examiner ces invitations. Et soyez prêt à les laisser vous guider et même déterminer la décision.
  13. Soyez dévoué à une chose dans l’église et laissez le champ libre ailleurs. Mark est totalement dévoué à la préparation de ses prédications et tient le reste avec une main ouverte. Si vous voulez voir l’église faire plus dans un domaine, il vous laissera faire et ne vous gênera pas. Cela « révèle » d’autres leaders naturels.
  14. Ne vous livrez pas à la microgestion. Il y a quelques domaines dans lesquels Mark fait de la microgestion, comme le fait de s’assurer que son personnel est présent à temps aux réunions et aux cultes. Mais dans à peu près tout le reste, il laisse le champ libre. La microgestion n’épuise pas seulement le leader, elle sape l’initiative des autres.
  15. Examiner les cultes hebdomadaires. Structurer un moment dans le programme hebdomadaire de la direction d’une église pour donner et recevoir des commentaires sur les cultes du dimanche apprend aux hommes à évaluer, à réfléchir et à mieux aimer la congrégation. Cela les fait grandir en tant que leaders. De plus…
  16. Soyez prêt à recevoir des critiques. Mark donne l’exemple en invitant à la critique. Cela donne aux autres leaders potentiels la possibilité de déployer leurs ailes. Si vous ne recevez jamais de critiques, vous apprenez à votre entourage qu’il doit se conformer à vos préférences ou être puni. Les leaders ne grandissent pas dans ce genre d’environnement. Ils se flétrissent ou s’en vont.
  17. Invitez les anciens à donner leur avis sur les cultes. Mark n’exige pas que les anciens assistent à l’examen hebdomadaire des cultes, mais il les invite toujours à y assister et à donner leur avis.
  18. Priez pour les autres églises et les autres dénominations. Prier publiquement pour d’autres églises et d’autres dénominations contribue à vaincre le tribalisme et nous concentre sur l’évangile plutôt que sur le leader de l’église. Cela engendre à son tour d’autres initiatives d’évangélisation chez d’autres leaders en herbe de l’église.
  19. Soyez prompt à pardonner. Mark est l’une des personnes qui pardonnent le plus rapidement que je connaisse. Par ailleurs, il est difficile pour une personne qui cherche la faute chez les autres de céder son autorité. Si vous ne voyez que des fautes, vous ne ferez pas confiance aux autres. Mais si vous êtes prompt à pardonner, il vous sera plus facile de faire confiance aux autres et de leur accorder de l’autorité.
  20. Réjouissez-vous des victoires des autres. Devez-vous être à tout prix celui qui doit effectuer la tâche, ou êtes-vous heureux d’aider les autres à ce faire ? Mark se réjouit des victoires des autres autant que des siennes. Si quelqu’un d’autre peut faire le travail, cela lui convient bien mieux. Cela lui laisse la liberté de faire autre chose.

COMMENT LE FAIT DE CÉDER SON AUTORITÉ FAÇONNE LA CULTURE D’UNE ÉGLISE

Lorsque le leader « au sommet » se caractérise par le fait qu’il donne généreusement son autorité à ses anciens et aux autres membres de l’église, il façonne la culture de l’église de manière merveilleuse.

  1. Cela contribue à maintenir l’évangile au sommet. Le fait de transmettre l’autorité concentre les yeux de l’église sur les objectifs de l’évangile plutôt que sur le dirigeant.
  2. C’est un moyen de promouvoir de « vraies » relations. Dans un environnement où l’autorité est jalousement gardée, les relations sont caractérisées par la politique et la stratégie. Les barrières restent en place, les vulnérabilités ne sont pas exposées et la transparence diminue. Mais lorsque les gens ont le sentiment d’avoir de l’autorité, ils sont plus susceptibles d’être transparents et honnêtes.
  3. Cela empêche une église d’être tribaliste. Un homme qui cède continuellement son autorité enseigne à son entourage qu’il est très intéressé par le succès de l’évangile, quel que soit le dirigeant (voir Ph 1.12 et suivants).
  4. Cela encourage les membres de l’église à partager leurs ressources. Lorsque je vois que le leader n’est pas motivé par ses propres intérêts, je deviens moi aussi plus enclin à donner aux autres.
  5. Cela détruit les hiérarchies sociales naturelles. Notre église est remplie de personnes ayant des emplois « impressionnants », du genre de ceux qui créent des hiérarchies sociales. Mais ce qui est frappant, c’est que les membres interagissent sur un pied d’égalité. Pourquoi ? Parce que l’évangile est maintenu au centre. Nous sommes tous des pécheurs sauvés par la grâce. De plus, Mark n’utilise aucune de ses qualités pour se faire le maître des autres. Cela établit un modèle.
  6. C’est un moyen de favoriser la confiance. Quand je vois que le leader n’est pas motivé par ses propres intérêts, il est plus facile de faire confiance à ses motivations, même quand il me demande de faire un sacrifice.
  7. Cela encourage la capacité à recevoir des enseignements et la volonté de recevoir des critiques. Encore une fois, si je fais confiance à l’homme, je suis plus disposé à écouter ses critiques à mon égard. J’espère qu’elles sont fondées sur l’amour plutôt que sur une rivalité.
  8. Cela favorise la volonté de pardonner. Lorsque le leader est prompt à pardonner les fautes des autres, il sera plus disposé à leur confier de l’autorité. Cela aidera les autres à faire de même.
  9. Cela incite l’église à avoir un esprit de formation. Une église qui voit un pasteur travailler continuellement à la formation et à l’autonomisation des autres aura du mal à ne pas saisir la vision et à la partager. Ils en verront tous les fruits.
  10. Cela aide l’église à se tourner vers l’extérieur. Le processus de formation et d’envoi de leaders aide une église à réaliser que son but n’est pas seulement de rendre sa propre maison la meilleure possible, mais aussi d’aider d’autres maisons à devenir plus heureuses et plus saines.

Cela dit, déléguer peut se faire mal ou paresseusement. Il faut de la sagesse pour bien déléguer. J’ai entendu Mark dire qu’il suppose que Dieu a donné à chacun l’un ou l’autre instrument à jouer dans l’orchestre, et une partie de son travail consiste à aider les gens à déterminer quel est leur instrument.

La question se résume à la posture de notre cœur : sommes-nous heureux de voir les autres gagner en autorité, ou la gardons-nous jalousement, de peur que les gens nous dépassent ? Dans le premier cas, que faisons-nous pour la diffuser ? 

 

Jonathan Leeman est le directeur de la rédaction de 9Marks, et un ancien de Cheverly Baptist Church à Cheverly, dans le Maryland.

 

Cet article a été traduit par Timothée Davi.

Cet article a été traduit et publié à l’origine par Revenir à l’Évangile, un ministère situé au Québec. Rendez-vous sur leur site Web pour trouver des ressources similaires.