Être membre de l’Église

Il est temps de mettre à jour la liste des membres ! (deuxième partie)

Article
10.26.2010

Comment peut-on mettre à jour la liste des membres de nos Églises sans causer des divisions et sans offenser les membres qui restent ? Un pasteur peut être préoccupé avec raison par une liste de membres qui ne reflète pas avec exactitude ceux qui sont réellement impliqués dans l’Église. Il est cependant difficile de prédire la réaction qu’auront ceux qu’il veut protéger (les croyants actifs !) lorsqu’il proposera la suppression de certains noms de la liste.

À l’occasion de plus d’une réunion de membres, je me suis retrouvé, avec les autres anciens de mon Église, face à des membres qui étaient soudainement blessés, voire contrariés, lorsque l’on proposait de retirer (pour des raisons de discipline) le nom d’un de leurs amis de la liste. Invariablement, les membres en colère disaient la même chose : « Vous, les anciens, vous agissez trop rapidement ; vous n’avez pas toutes les données ! »

Il y a plusieurs années, une dame du nom de « Kate », autrefois membre active et productive, est devenue insatisfaite de notre Église. En l’espace de quelques mois, elle est devenue moins active dans l’Église et elle s’isolait de plus en plus. Les anciens avaient entendu dire qu’elle était fâchée de notre position sur la complémentarité des rôles hommes-femmes ou du financement de certains projets missionnaires. Or, elle n’a jamais abordé ces préoccupations de manière directe avec un ancien. Chaque fois qu’un responsable lui posait la question, elle répondait en plaisantant et ne voulait rien dire. Finalement, elle a demandé à rencontrer le pasteur principal pour lui annoncer qu’elle ne voulait plus être membre de l’Église. Une fois de plus, elle n’a exprimé aucune critique particulière. Notre pasteur en a parlé aux anciens, qui ont ensuite présenté à l’assemblée la proposition d’accepter sa démission à la prochaine assemblée générale de l’Église. C’est alors que les choses se sont corsées !

Après que les anciens aient présenté la proposition d’accepter la démission de Kate, un membre a levé la main pour dire : « Je viens de dîner avec Kate et elle a dit qu’elle ne voulait pas démissionner. » Aucune preuve n’a été apportée. L’assemblée s’est sentie coincée entre ces histoires contradictoires et les anciens se sont retrouvés dans une position très inconfortable, car leur intégrité était remise en question. Est-ce qu’il y avait quelqu’un qui ne disait pas la vérité ? Les anciens avaient-ils essayé de forcer Kate à prendre une décision alors qu’elle n’était pas prête ? Était-ce aimable ? Était-ce juste ?

La situation de Kate impliquait une démission effective, mais généralement, on a constaté que les membres actifs ont tendance à s’opposer lorsqu’un individu fait l’objet de mesures disciplinaires pour absentéisme. L’absentéisme est l’un des péchés contre lequel il est le plus difficile de prendre des mesures disciplinaires (Hé 10.25,26), parce qu’il est fréquent et ne semble pas aussi flagrant que l’adultère ou la fornication. Peu de gens s’opposeront à des mesures disciplinaires prises à l’encontre d’une personne adultère et non repentante. En réalité, le membre le plus difficile à discipliner est celui qui s’est éloigné de l’Église pendant plusieurs mois et qui se promène d’une église à l’autre, mais qui est encore en relation avec ses vieux amis de l’Église. Pour être honnête, discipliner une telle personne peut être assez dangereux puisqu’elle n’est ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’Église ! Elle est mécontente, mais pour une raison quelconque, elle ne veut pas partir.

Deux bonnes choses ont résulté de la situation de Kate et ont permis d’éliminer beaucoup d’angoisse autant pour les anciens que pour l’assemblée. Tout d’abord, notre Église exige désormais une note écrite de démission, que ce soit un courrier électronique, une lettre ou une note. Le fait d’avoir une preuve écrite élimine les situations embarrassantes dans les réunions de membres, comme celle de Kate et de son amie qui disait qu’elle ne voulait pas démissionner.

Deuxièmement, notre Église a créé ce qu’on appelle une « liste de gens qui nous préoccupent ». Avant de soumettre le nom d’une personne pour une mesure disciplinaire, on annonce son nom à l’assemblée dans la réunion de membres en disant qu’elle est sur notre « liste de gens qui nous préoccupent ». Les anciens disent quelque chose comme : « Ça fait cinq mois que Patrick ne vient pas à l’église. Robert, un ancien, et son assistant Benjamin ont essayé de le contacter par téléphone et par courrier électronique, mais il ne répond à aucun message. Voilà pourquoi son nom apparaît sur la « liste de gens qui nous préoccupent ». Si vous êtes un ami de Patrick, on vous prie de prendre contact avec lui. Dites-lui qu’on l’aime et encouragez-le à se joindre à nouveau à l’assemblée. Dans le cas contraire, on devra supprimer son nom de la liste des membres pour absentéisme, lors de notre prochaine réunion de membres. » (Pour votre information, les réunions de membres ont lieu tous les deux mois dans notre Église.)

Notez qu’on a indiqué le nom (Patrick), la raison pour laquelle on est préoccupé (son absence), les mesures déjà prises (les tentatives de Robert et Benjamin pour le rejoindre) et ce à quoi l’assemblée doit s’attendre dans deux mois (une proposition de mesures disciplinaires). On demande également aux gens de venir nous voir après la réunion s’ils ont plus d’informations, et non pendant la réunion.

Pourquoi se donner tout ce mal ? Lors de nos réunions, nous avons vu trop souvent Satan exploiter des propositions de mesures disciplinaires qui semblaient trop soudaines aux yeux des membres. Je vous donne un exemple. Un jour, après avoir essayé pendant plusieurs mois de rencontrer un membre mécontent, les anciens ont décidé de faire une proposition à l’assemblée pour entreprendre des mesures disciplinaires envers cette personne. Cette proposition a surpris l’assemblée, car les anciens ne l’avaient pas tenue informée de leurs démarches envers le membre. Même si l’assemblée était encline cette fois-là à suivre les recommandations des anciens, on a ressenti qu’elle n’était pas tout à fait convaincue. Les questions qui étaient restées sans réponse et l’ensemble du processus avaient miné la confiance de l’assemblée à l’égard des anciens. Aujourd’hui, pour éviter ce genre de situations, nous utilisons la liste de gens qui nous préoccupent afin de bien communiquer nos préoccupations à l’assemblée à propos d’un individu, et ce, avant de soumettre une proposition de mesures disciplinaires.

Avec le temps, la liste de gens qui nous préoccupent a évolué. Elle ne concerne plus uniquement les gens qui pourraient éventuellement être disciplinés. Elle inclut désormais les membres qui ont des besoins en raison de problèmes financiers ou de santé. Certains membres ont même demandé que l’on inscrive leur nom sur la liste de gens qui nous préoccupent afin que l’assemblée sache qu’ils vivent des moments difficiles et qu’ils nécessitent une attention particulière.

On ne publie pas cette liste de gens qui nous préoccupent, mais on la communique verbalement lors des réunions de membres (et seulement aux membres !). Cela évite d’embarrasser les gens.

Cette idée simple présente de nombreux avantages. Tout d’abord, elle supprime l’effet de « choc » que Satan semble exploiter régulièrement. Deuxièmement, elle protège les anciens des accusations injustifiées. Troisièmement, et d’une manière particulièrement importante, elle encourage toute l’assemblée à prier et à implorer leur frère ou leur sœur en Christ de revenir à l’assemblée et de respecter leur engagement envers leur Église locale. Je suis ravi de dire qu’après des années à utiliser cette liste de gens qui nous préoccupent, les questions qui semaient autrefois la discorde servent désormais à unir, à affermir et à protéger l’Église ainsi que la relation entre les dirigeants et l’assemblée.

Cet article a été traduit et publié à l’origine par Revenir à l’Évangile, un ministère situé au Québec. Rendez-vous sur leur site Web pour trouver des ressources similaires.