Être membre de l’Église
9 conseils pour vos réunions de membres
Nous sommes nombreux à garder le souvenir de réunions de membres qui ne se sont vraiment pas bien passées. Mais celles-ci devraient-elles forcément se terminer sur des prises de bec et de l’amertume ? Je ne pense pas. Voici donc neuf conseils pour conduire vos réunions de membres dans un cadre sain.
1. Faites attention au nom que vous leur donnez
Premièrement, choisissez pour vos réunions un nom adapté qui reflète leur objectif. Appelez-les « réunions de membres » ou « réunions familiales », ou de tout autre nom qui suggère que c’est le programme de Christ que nous suivons, et non le nôtre.[1]
2. N’oubliez pas qu’une réunion de membres est réservée aux membres
Les réunions de membres ne sont pas des réunions publiques : elles sont réservées aux membres. Invitez donc avec douceur toute personne non membre à s’en aller en lui précisant qu’elle est la bienvenue à toutes les réunions publiques de la semaine. Les non-membres n’ont pas plus le droit d’assister à vos réunions de membres qu’un citoyen français n’a le droit de voter aux élections britanniques.
3. Ayez une liste de membres à jour[2]
Troisièmement, essayez d’avoir une liste de membres à jour. Essayer de conduire une réunion de membres saine sans une liste de membres saine, c’est inviter le renard dans le poulailler.
4. Priez !
Quatrièmement, priez ! Nous avons besoin d’une sagesse que seul Dieu peut nous accorder (Jacques 1.5-6). Comptez seulement sur les armes qui possèdent sa puissance pour détruire les forteresses de l’ennemi (2 Corinthiens 10.4). Commencez donc par demander à Dieu de permettre que votre réunion soit conduite par son Esprit, et non par des hommes déchus à l’intelligence faillible.
5. Récitez ensemble la « chartre d’engagement » de votre Église[3]
Cinquièmement, récitez ensemble votre charte d’engagement. Nous avons parfois besoin de « redémarrer » la machine. Voilà en partie à quoi sert la charte d’engagement d’une Église, c’est-à-dire la promesse de l’assemblée de vivre ensemble en chrétiens par la grâce de Dieu. Cela nous pousse à nous démarquer du monde égocentrique dans lequel nous vivons, et nous aide à nous réorienter sur les vérités bibliques fondamentales.
La charte d’engagement d’une Église est aux membres ce que les promesses sont aux époux : elle nous permet de définir la façon dont nous voulons vivre ensemble. Ces promesses ne font pas disparaître toutes les divisions comme par magie. Elles pourront cependant vous aider à gérer ces divisions avec humilité, car vous vous rappellerez que vous avez promis « d’œuvrer à et de prier pour l’unité que donne l’Esprit par le lien de la paix » en prenant « un soin attentif et plein d’amour les uns des autres ».
6. Commencez par le plus important
Sixièmement, faites en premier ce qui est le plus important, c’est-à-dire définir l’identité de l’Église. Je parle de l’acceptation de nouveaux membres et la démission de certains autres. Cela montrera que votre identité est bien plus importante que de décider, par exemple, s’il faut continuer de faire un repas fraternel le mercredi soir.
7. Prenez parfois le temps de rappeler à votre assemblée ce qu’est et ce que n’est pas le congrégationalisme
Certains pensent à tort que le congrégationalisme fonctionne comme une démocratie, ou qu’il en est dérivé. Mais c’est faux. Jésus a confié les clés du royaume à l’assemblée, c’est vrai (Matthieu 16.19). Cela concerne qui peut être membre de l’Église (2 Corinthiens 2.6), mais aussi la discipline (Matthieu 18.17 ; 1 Corinthiens 5.1-13) et la doctrine (Galates 1.6-9 ; 2 Timothée 4.3). Oui, chaque membre a un droit de vote. Mais cela ne veut pas dire qu’il est bon de débattre pour débattre, ou que tous les membres ont toujours leur mot à dire, ou que les anciens et les diacres ont autant de pouvoir les uns que les autres. Les anciens sont appelés à diriger l’assemblée (1 Timothée 5.17), et les membres sont appelés à se soumettre à eux et à leur obéir pour leur propre bien (Hébreux 13.17). Se faire l’avocat du diable ou jouer à l’anticonformiste est un signe d’immaturité, pas un insigne d’honneur. Nous ferions bien de rappeler à notre assemblée que lorsque Paul exhorte Timothée à fuir « les penchants mauvais de la jeunesse » (2 Timothée 2.22), il fait en premier lieu référence aux querelles, pas aux péchés sexuels.
8. Informez et ne soyez pas sur la défensive
Beaucoup de gens ont appris qu’il faut se méfier des autorités et que le pouvoir mène à la corruption. Voilà pourquoi, là où les informations font défaut, le terrain est fertile au scepticisme et au cynisme. Bien que cette méfiance instinctive ne vienne pas de Dieu, nous ne devons pas oublier qu’elle existe et que notre assemblée est rarement au courant de tout ce que nous savons. Prenez donc les devants en informant régulièrement l’Église des débats et des prises de décisions en cours.
9. Soyez conscient que vous commettrez des erreurs
Au fond, conduire une réunion de membres saine est plus un art qu’une science. Vous commettrez des erreurs, c’est inévitable. Présentez vos excuses quand c’est nécessaire et réparez vos torts quand vous le pouvez. Et surtout, ne vous découragez pas. Vous avez peut-être l’impression d’avoir échoué, mais Christ promet que l’Église n’échouera pas (Matthieu 16.18). Apprenez de vos erreurs et persévérez dans votre service en y mettant tout votre cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes (Éphésiens 6.7).
- NDT : l’auteur dénonce ici l’appellation « business meeting » qui est donnée dans plusieurs églises aux États-Unis. Dans notre contexte, peut-être qu’il faudrait réfléchir à ne pas les appeler « Assemblée générale » ?
- NDT : Ici, l’auteur fait référence au fait que dans le contexte américain, certaines églises ont une liste de membres bien plus grande que ceux qui sont actuellement dans l’église, ou qui comprend des gens qui ne sont pas réellement nés de nouveaux.
- Anglais : church covenant
Cet article a été traduit et publié à l’origine par BLF éditions et TPSG.

