Leadership

L’efficacité de l’exemple

Article
09.25.2020

« L’exemple n’est pas la principale façon d’influencer les autres, c’est l’unique façon ». Par cette phrase, le célèbre missionnaire médical et auteur, Albert Schweitzer, a clairement affirmé l’importance et l’efficacité de l’exemple. Combien d’entre nous, en lisant cette phrase, ont été influencés par la vie puissante d’un pasteur, d’un ancien ou d’un autre chrétien que nous avons vu au début de notre vie. Si je mentionne « un pasteur fidèle », quelle image vous vient à l’esprit ? Si je mentionne « un chrétien fidèle », à qui pensez-vous ?

La déclaration de Schweitzer est une exagération, bien sûr. Beaucoup d’autres choses interviennent dans une vie fidèle, mais elles sont elles-mêmes toutes combinées dans l’exemple que quelqu’un donne.

Le « mentorat » et la « formation » peuvent sembler être de nouveaux concepts, mais ce n’est pas le cas. Il semble, d’après la façon dont Dieu nous a créés, que cela ait été dans son esprit. Il a créé l’être humain à Son image. Nous devons suivre Son exemple et imiter Son caractère. Dans l’incarnation de Christ, Dieu est venu dans la chair d’une manière que nous puissions comprendre et nous mettre en relation avec Lui, et, comme l’a dit Pierre : « vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2.21).

Nous avons également la possibilité de participer à ce ministère consistant à montrer l’exemple et à suivre de bons exemples. Dieu a créé les êtres humains pour qu’ils naissent et mûrissent en compagnie des autres membres de la famille. Nous ne sommes pas des êtres qui se génèrent eux-mêmes, et nous n’apparaissons pas instantanément comme des personnes mûres. Dieu a prévu que des parents aimants fassent partie de la façon dont les humains grandissent.

C’est aussi la façon dont Dieu a voulu se faire connaître dans ce monde déchu. Dans l’Ancien Testament, Dieu a appelé Abraham et ses descendants à être un peuple saint, spécial et distinct dans le monde. Ils devaient être spéciaux afin que le monde ait l’image d’une société qui reflète le caractère de Dieu, incarnant ses intérêts et ses valeurs. Lorsque Dieu a dit à son peuple, dans Lévitique 19 : « Soyez saints, car je suis saint, moi, l’Éternel, votre Dieu », il ne s’adressait pas seulement à un individu, à Moïse, à Aaron ou à Josué. Il leur parlait certainement, mais nous voyons dans Lévitique 19.1 que Dieu a spécifiquement ordonné à Moïse de dire cela à toute l’assemblée d’Israël. Les lois qu’Il leur a ensuite données avaient beaucoup à voir avec les relations, l’équité, la justice et les interactions sociales. Il démontre que lorsque ces gens se souciaient les uns des autres – des perdus et des plus petits, des étrangers et des jeunes – ils montraient quelque chose du caractère de leur Créateur juste et miséricordieux.

L’échec d’Israël dans ce ministère d’exemple pour les autres est l’une des principales accusations de Dieu contre eux dans l’Ancien Testament. Ainsi, dans Ézéchiel 5, le rôle d’Israël devient celui d’instruire les nations par un exemple négatif. L’Éternel dit à Israël : « C’est là cette Jérusalem que j’avais placée au milieu des nations et des pays d’alentour . . . Je ferai de toi un désert, un sujet d’opprobre parmi les nations qui t’entourent, aux yeux de tous les passants. Tu seras un sujet d’opprobre et de honte, un exemple et un objet d’effroi pour les nations qui t’entourent, quand j’exécuterai contre toi mes jugements, avec colère, avec fureur, et par des châtiments rigoureux, c’est moi, l’Éternel, qui parle » (5.5,14-15). Encore et toujours dans Ézéchiel, Dieu dit qu’il fait ce qu’il fait à la nation d’Israël à cause de son propre nom, c’est-à-dire pour que la vérité à son sujet soit connue parmi les peuples du monde.

Ce témoignage collectif de Lui-même est ce que Dieu a également voulu à travers l’église dans le Nouveau Testament. Dans Jean 13, Jésus a dit que le monde devrait savoir que nous sommes ses disciples par l’amour, semblable à celui de Christ, que nous avons les uns pour les autres. Paul a écrit à l’église d’Éphèse : « Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! » (Eph 5.8).

Dans notre vie de chrétiens, individuellement, et, de façon exponentielle, dans notre vie ensemble en tant qu’églises, nous portons la lumière de l’espoir de Dieu dans ce monde sombre et désespéré. Par notre vie de chrétiens, nous nous enseignons mutuellement et enseignons au monde qui nous entoure qui est Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, nous montrons un peu ce que c’est que d’aimer Dieu. Et, d’autre part, « si quelqu’un n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » (1 Jean 4.20). Dans notre sainteté, nous montrons la sainteté de Dieu. Nous sommes appelés à donner aux gens l’espoir qu’il existe une autre façon de vivre, que les vies de frustration égoïste que notre nature déchue et le monde qui nous entoure nous incitent à suivre.

Chers pasteurs et anciens, qu’est-ce que nos églises enseignent au monde qui nous observe à propos de Dieu ? Leur enseignons-nous que Dieu est limité à notre race ? Leur enseignons-nous qu’il tolère le péché et l’infidélité, les vies égocentriques de mesquinerie et de querelles ? Avec quel sérieux avons-nous amené notre peuple à prendre la grande tâche et le privilège que nous avons d’être la vitrine publique, la vitrine du magasin, la publicité pour, la page web du caractère de Dieu à sa création ?

Quel immense privilège Il nous a donné, et combien nous semblons le considérer comme peu important. Nous pensons que si nous avons plus de gens dans notre église, cela annule en quelque sorte notre responsabilité envers ceux qui sont déjà devenus membres. Mais quel est le témoignage de chacun d’entre eux en ce moment ? Combien de leurs mauvais témoins devez-vous vous efforcer de surmonter pour que les gens voient le bon témoignage que Dieu fournit à travers ceux qui sont vraiment convertis, et qui le montrent.

Tout l’exercice de la discipline d’église ne consiste pas finalement à se justifier ou à se venger. Ce sont des questions qui concernent Dieu, et non des pécheurs pardonnés comme nous (Deutéronome 32.35 ; Romains 12.19) ! Mais nous avons le souci de présenter aux autres un bon témoignage de qui est Dieu. Nous devons être exemplaires dans notre vie et notre conduite. Avez-vous remarqué que dans ses épîtres pastorales, Paul semble particulièrement préoccupé par la réputation qu’un ancien aurait auprès des personnes extérieures à l’église ? Bien qu’il puisse y avoir un certain nombre de raisons à cela, l’une d’entre elles doit certainement être le rôle de représentation de l’église par l’ancien dans le monde. C’est donc aussi ce que doit être l’église dans son ensemble. C’est la raison pour laquelle Paul était si enragé dans 1 Corinthiens 5. Et avez-vous remarqué sur qui Paul crie exactement ? Il n’a pas grondé l’homme qui se livrait à une liaison sexuelle pécheresse, mais il a plutôt vivement réprimandé l’église qui tolérait un tel péché parmi ses membres ! Nous sommes conscients de la triste vérité que certains de nos membres se révéleront être perdus dans le péché, même s’ils ont fait une bonne profession de foi au début. Nous espérons qu’au moins certains d’entre eux vivront pour se repentir et reviendront. Mais nous n’attendons jamais de l’église qu’elle manque à sa responsabilité de bien représenter Dieu en défendant sa sainteté et en s’opposant au péché. C’est cette question – tout comme le péché de l’Israël idolâtre de l’Ancien Testament – qui a été au centre de la vive réprimande de Paul à l’égard de l’église corinthienne.

Mes amis, que dirait l’apôtre Paul de votre église et de la mienne ? Combien de non-participation tolérons-nous au nom de l’amour ? Combien de relations adultères ou de divorces non bibliques permettons-nous de se dérouler sans commentaires dans nos églises, qui pourtant crient au monde que « nous ne sommes pas différents d’eux » ? Combien de personnes divisant l’Église autorisons-nous à la déchirer sur de minuscules questions, ou combien de faux évangiles autorisons-nous à être enseignés ?

Chers frères, si vous lisez ceci en tant que pasteur, ancien, dirigeant, enseignant ou membre d’une église, pensez à la grande responsabilité qui nous incombe. Réfléchissez à la manière dont nous pouvons le mieux témoigner de Dieu – est-ce en ignorant le péché au milieu de nous, ou en travaillant à restaurer avec douceur ceux qui sont pris dans le péché, comme Paul l’enseigne dans Galates 6.1 ? Qu’est-ce qui reflète le mieux le Dieu que nous adorons ? La miséricorde de Dieu obscurcit-elle parfois sa sainteté dans sa parole ? Et dans Son église ? Quelle est notre responsabilité à ce niveau ?

Prenez garde à l’exemple que vous donnez au monde qui vous entoure. Dieu a un grand plan pour son peuple et pour son monde ; il nous appelle à le montrer par nos paroles et nos vies. Est-ce que vous faites cela ? Que Dieu aide chacun de nous à être fidèle à ce grand appel.

 

Mark Dever est le pasteur principal de « Capitol Hill Baptist Church » à Washington, D.C., et le président de 9Marks.

 

Cet article a été traduit par Timothée Davi.

Cet article a été traduit et publié à l’origine par Revenir à l’Évangile, un ministère situé au Québec. Rendez-vous sur leur site Web pour trouver des ressources similaires.