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Priez pour le réveil… dans l’église de l’autre

Article
09.25.2020

Et si vous passiez des années à prier fidèlement et sincèrement pour que le réveil vienne dans votre communauté, et qu’un jour, apparemment à l’improviste, Dieu répondait de façon spectaculaire à vos prières ?

Dans toute votre ville, chaque jour, les gens commencent à se presser dans l’église pour entendre l’évangile de la Parole de Dieu. Dans les rues, sur leurs lieux de travail, dans les salles de classe et les maisons de toute la ville, des membres de l’église, auparavant timides, déclarent fidèlement l’Évangile et les fruits arrivent rapidement. Des vies sont transformées, des mariages sont sauvés, et surtout, les uns après les autres, les ennemis de Dieu déposent les armes de leur rébellion et se réfugient dans son Fils glorieux et miséricordieux.

Et si tout cela se passait dans votre propre ville, sous vos yeux, dans l’église de cet autre type, à quelques rues de la vôtre ?

Je soupçonne que nous savons tous ce que nous devrions dire en réponse, mais les mots de louange et de joie risquent de nous rester en travers de la gorge.

C’est déjà arrivé. En 1839, Robert Murray M’Cheyne a appris qu’un grand réveil avait éclaté dans son église sous la direction d’un prédicateur invité alors qu’il était en voyage missionnaire pour un mois. Lorsque l’Esprit de Dieu semble bénir le ministère des autres plutôt que le nôtre, certaines choses assez importantes sur la vraie nature de nos amours deviennent flagrantes.

« DIOTRÈPHE, QUI AIME ÊTRE LE PREMIER PARMI EUX »

Bien sûr, cette bataille entre la jalousie et la joie n’est pas nouvelle. L’apôtre Jean écrit à ce sujet dans sa troisième lettre (3 Jean). Là, aux versets cinq à onze, il nous présente deux hommes : Gaïus et Diotrèphe.

Gaïus aime accueillir et soutenir les missionnaires fidèles envoyés par d’autres églises parce qu’il aime Jésus (v. 5-8).

Diotrèphe, par contre… pas tant que ça. Diotrèphe refuse d’accueillir ces ouvriers provenant d’autres églises pour une raison simple : Jean nous dit clairement que Diotrèphe « aime être le premier » (v. 9). Il n’a aucun désir de voir l’œuvre de l’évangile se faire à moins qu’il ne la fasse. Il ne se réjouira d’aucun fruit si ce n’est le sien. Il ne tolérera aucune compétition. Les actions et les attitudes de Diotrèphe sont, comme le dit carrément Jean, simplement « mauvaises » (v. 11).

Mauvais. C’est un mot fort. Et franchement, ce qui me fait le plus peur à propos de Diotrèphe, c’est qu’on ne nous parle pas d’un manque d’orthodoxie doctrinale pour justifier cette étiquette. Il n’y a aucune mention d’hérésie ou de vues inadéquates de Christ. Pour ce que nous en savons, la théologie de Diotrèphe était parfaite en théorie. Mais son esprit de compétition exposait son amour supposé pour l’évangile comme étant simplement de l’amour pour son propre groupe, son propre ministère, de l’amour pour lui-même. Comme tout autre païen.

UN PROPOS PAS SI SUBTIL

Voici donc le propos pas si subtil de cet article : ne soyez pas comme Diotrèphe ! Imitez plutôt ce qui est bon, c’est-à-dire l’esprit de Gaïus, exaltant l’évangile et non compétitif.

Mais pourquoi est-ce si important ? Parce que non seulement votre cœur, mais la valeur même de l’évangile aux yeux du monde est en jeu.

Écoutez, vous pouvez parler toute la journée de la façon dont vous louez Dieu pour les bénédictions de la prospérité de l’évangile dans votre église ; et vous devriez le faire, dans une certaine mesure. Et pourtant, il y aura toujours une odeur persistante d’intérêt personnel ; c’est votre église, après tout.

Mais que se passe-t-il si vous louez sincèrement Dieu pour la prospérité de l’évangile dans une autre église, que ce soit dans un autre pays ou même (stupeur !) à l’autre bout de la ville ? Et si vous manifestez le même plaisir à voir l’œuvre de Jésus soutenue et ravie à la suite du ministère de quelqu’un d’autre ? Si vous le faites, cela montre que vous aimez Jésus et son évangile et sa gloire, pas seulement votre groupe, votre club, votre ministère, votre église.

C’est pourquoi il est si important que nous cultivions une attitude comme celle de Gaïus dans nos coeurs et dans les coeurs des membres de notre église. Notre amour pour Jésus et pour sa gloire ne peut jamais briller plus que lorsque nous nous réjouissons du progrès de l’évangile même s’il n’y a pas la moindre chance que nous en obtenions le crédit.

COMMENT CULTIVER L’ESPRIT DE GAÏUS

Comment pouvez-vous cultiver ce genre d’esprit dans votre église et dans votre propre cœur ? Voici quelques manières.

  1. Priez et lisez

D’abord, priez et lisez. Commencez par réfléchir à des passages comme 3 Jean qui montrent la gloire unique de ce que nous pourrions appeler un « plaisir désintéressé » dans la prospérité de l’évangile. Et priez que Dieu fasse grandir en vous un cœur qui aime encourager le progrès de l’évangile, où qu’il se produise et peu importe par qui il se produit. Pourquoi ? Parce que vous aimez voir Jésus glorifié.

  1. Montrez l’exemple et enseignez

Deuxièmement, montrez l’exemple et enseignez. Montrez à votre église à quoi cela ressemble en priant régulièrement pour d’autres églises fidèles, par leur nom, en public, depuis votre chaire, le dimanche matin. Louez Dieu ouvertement pour la prospérité qu’il peut donner à d’autres églises qui prêchent le même évangile, même là dans votre propre ville. Et priez pour les chrétiens et l’œuvre de l’évangile dans d’autres endroits du monde, aussi. Enseignez à votre peuple par ceci que le royaume de Dieu est beaucoup, beaucoup plus grand que votre église locale.

  1. Soutenez et célébrez

Troisièmement, soutenez et célébrez. Et, comme Gaïus fidèle, allez jusqu’au bout et prenez de l’argent que vous pourriez vraiment utiliser pour votre propre église et donnez-le. Donnez-le pour bénir d’autres églises et pour soutenir les ouvriers fidèles qui ont été envoyés pour l’amour du nom (3 Jean 7). Encore une fois, quand votre église envoie son argent pour bénir et soutenir l’œuvre de l’évangile en dehors de l’église, c’est comme un mégaphone qui annonce : « Nous aimons Jésus et sa gloire, pas seulement notre propre groupe et notre ministère. »

Vous devez certainement garder un peu d’argent pour prendre soin de votre propre congrégation de façon responsable. Je comprends cela. Mais avez-vous vraiment besoin de tout l’argent que Dieu vous donne ? Vraiment ? Ne serait-il pas merveilleusement libérateur et révélateur de l’évangile de faire un chèque qui déclare que votre église est libre, par la grâce de Dieu, de l’esclavage de l’intérêt personnel exclusif ? Les vraies églises ne sont pas en compétition les unes avec les autres sur le plan de l’argent, des membres ou de la gloire. Après tout, tout l’argent, toutes les personnes, et toute la gloire appartiennent à Dieu.

PUISSIONS-NOUS LOUER DIEU POUR LE SUCCÈS DES AUTRES ÉGLISES – EN TOUTE SINCÉRITÉ

Dieu a un grand plan pour son monde entier, et Dieu accomplira son œuvre dans le monde. Il sauvera ses enfants, et les assurera dans la foi, et les fera grandir dans la sainteté.

Parfois, il peut faire cela à travers nous. Parfois, il peut le faire à travers l’église en bas de la rue. Puissions-nous grandir dans notre amour pour la gloire de Christ de sorte que d’une manière ou d’une autre nous puissions dire « Dieu soit loué ! » en toute sincérité.

 

Andy Johnson est pasteur associé à l’église baptiste de Capitol Hill à Washington, DC.

 

Cet article a été traduit par Timothée Davi.

Cet article a été traduit et publié à l’origine par Revenir à l’Évangile, un ministère situé au Québec. Rendez-vous sur leur site Web pour trouver des ressources similaires.