Être membre de l’Église

Il est temps de mettre à jour la liste des membres !

Article
01.11.2019

J’entends toutes sortes d’histoires en discutant avec des dirigeants d’Églises qui œuvrent un peu partout à travers le monde. Cependant, je suis encore stupéfait de ce courriel que j’ai reçu d’un diacre fidèle d’une Église baptiste :

« Je vous serais reconnaissant si l’on pouvait parler de la mise à jour de la liste des membres de l’Église. Je me suis mis hier à compiler une liste des veuves de notre Église d’après la base de données des membres, et j’ai découvert que sur 141 veuves, 38 sont décédées et quatre sont devenues membres d’autres Églises (sans compter celles qui sont classées « inactives » ou « membres non résidents »).

Vous pouvez vous imaginer comment un présentateur d’une émission de fin de soirée pourrait se moquer de ceci : « Avez-vous entendu parler des 38 membres morts de l’Église baptiste vivante de la foi ? Ils devraient changer le nom de leur Église ! » Ce genre de fait cocasse serait sans doute très drôle s’il ne reflétait pas autant la réalité dans nos Églises.

Les bases de données incorrectes et les vieilles listes qui ne sont pas à jour posent problème à n’importe quel pasteur fidèle. Avant de rectifier le tout, considérez pourquoi et comment cela devrait être fait.

Pourquoi les Églises devraient-elles procéder à une mise à jour de leur liste de membres ?

1) Le nom et l’honneur de Christ sont en jeu dans le monde. Pensez au souci de Paul concernant ceux qui étaient associés avec l’Église de Corinthe (1 Co 5).

2) L’appartenance à une Église devrait refléter, autant que possible, l’appartenance au Royaume de Christ. On ne devrait pas prendre à la légère l’admission ou le renvoi des membres. Rayer quelqu’un de la liste de membres devrait être considéré soigneusement, même si le membre a été négligent.

3) Les pasteurs, les anciens et les dirigeants « rendront des comptes » à Dieu pour leur ministère (Hé 13.17). Dieu a réprimandé les bergers d’Israël à cause de leurs infidélités répétées (p. ex. Éz 34).

4) Les assemblées rendront également compte à Dieu pour la façon dont elles auront admis les membres. Considérez à qui s’adresse Paul dans 1 Corinthiens 5 !

5) Les chrétiens moins matures courent le risque d’être dans la confusion au sujet de l’importance de l’Église dans la vie des chrétiens et pourraient être amenés à être complaisants.

6) Le membre qui a quitté la région devrait être encouragé à s’engager dans une autre Église dans sa nouvelle ville et à rencontrer les chrétiens là-bas. S’il ne le fait pas, son ancienne Église devrait l’encourager à le faire par lettre ou par téléphone. S’il reste insensible, l’Église doit alors l’informer qu’elle va rayer son nom de sa liste à l’occasion de la prochaine assemblée, dans le but de lui faire comprendre qu’elle n’est plus en mesure de rendre compte des comptes pour sa vie.

Comment les Églises devraient-elles mettre à jour leur liste de membres ?

Si l’on s’attaque à tous les cas problématiques d’adhésion simultanément, on fonce droit dans un mur. Est-ce que les membres de votre assemblée seront contents de révoquer des gens du coin qui ne fréquentent plus l’Église ? Des membres qui ne sont plus dans la région ? Des personnes décédées ? Chers pasteurs, soyez empreints de sagesse et ne faites que ce que votre assemblée peut tolérer. Soyez patients et enseignez-la jusqu’à ce qu’elle soit prête à aller de l’avant.

Alors, par où commencer ? Imaginez plusieurs cercles concentriques (comme un jeu de fléchettes) dont le plus petit cercle au centre représente l’adhésion la plus significative. Les cercles extérieurs représentent les adhésions moins significatives, c’est-à-dire celles qui sont plus faciles à révoquer. Plus on se rapproche du centre, plus la liste des membres devrait se composer de chrétiens activement impliqués dans l’Église. Commençons donc par ceux qui composent les cercles extérieurs :

1) Les membres qui sont décédés. Dans mon Église, on en a trouvé 10 ! Ce cercle extérieur devrait être le plus facile à mettre à jour. Lors de votre prochaine assemblée d’affaires de l’Église, placez ces noms devant l’assemblée avec la proposition de les retirer de la liste des membres lors de la séance suivante. Ne demandez pas à l’assemblée la suppression immédiate de ces noms, mais donnez-leur un temps de réflexion.

2) Les membres qui restent introuvables. Le prochain groupe à supprimer est probablement celui-ci. Deux femmes de notre Église ont cherché en vain 70 membres pendant six mois ! Ces noms ont été soumis à l’assemblée pour que celle-ci puisse aider dans les recherches. Après que tous les efforts se soient avérés vains, la proposition de les retirer de la liste a été présentée à l’assemblée.

3) Les membres qui sont absents et désintéressés. Notre Église a trouvé des dizaines de membres qui ne veulent rien avoir affaire avec nous. On a retrouvé une dame en Allemagne qui était devenue unitarienne et qui était contrariée qu’on l’ait contactée.

4) Les membres qui habitent dans une autre région. Ce sont des gens qui ne peuvent assister au culte régulièrement en raison de la distance et toute redevabilité est pratiquement impossible. Dans ce groupe, vous rencontrerez sans doute des personnes qui ont une compréhension erronée de l’adhésion. Vous entendrez peut-être ce genre de propos : « Je suis membre depuis que j’ai chanté dans la chorale en 1959 », ou encore : « En 1970, je me suis marié dans cette église et j’ai promis à ma mère que je resterais un membre fidèle. » Malgré leur attachement affectif à votre Église, il est important d’enseigner à ce groupe à quoi correspond une adhésion significative. N’oubliez pas qu’en tant que pasteur, vous devrez rendre des comptes pour ces individus. Évitez de garder sur votre liste des gens que vous n’avez jamais rencontrés. Lors de votre prochaine réunion d’Église, présentez une proposition pour supprimer le nom de ces personnes pour cause de « non-participation ».

5) Les membres qui habitent dans la région, mais qui ne fréquentent pas régulièrement l’Église. C’est l’un des cercles les plus difficiles. Ces gens veulent maintenir leur adhésion et peuvent assister au culte, mais ils refusent de s’engager dans l’Église. Ce cercle est souvent difficile en raison des relations que ces personnes entretiennent avec les membres fidèles. Une fois de plus, il convient de les enseigner dûment à ce sujet et d’être patient.

Ces cinq premières catégories sont les plus importantes et les plus évidentes. Il en existe d’autres telles que « fréquente, mais refuse de signer la déclaration de foi » ou « présent dans la région, mais ne peut pas assister ». La vieillesse ou une infirmité peuvent empêcher un membre d’assister régulièrement aux réunions. Celui-ci ne doit pas pour autant être révoqué. Il doit plutôt être pris en charge ! On encourage aussi une charité exceptionnelle envers les membres âgés qui ont dû déménager en dehors de la région de l’Église pour aller dans une maison de retraite. Pourquoi ? Parce qu’ils ont souvent grandi avec une compréhension différente de ce qu’est l’adhésion à l’Église et sont peu susceptibles de changer. Par amour, envisagez de garder leurs noms sur la liste des membres.

Une fois de plus, par amour pour les gens, gardez-vous de faire une mise à jour plus rapide que ce que votre assemblée peut tolérer. Pour certains, il faudra des années pour passer d’un cercle concentrique à l’autre. Les Églises se sont trop souvent divisées à cause des démarches insouciantes des pasteurs. L’objectif devrait toujours être l’unité. N’oubliez pas que chaque nom figurant sur votre liste est plus qu’un nom : c’est une âme.

Cet article a été traduit et publié à l’origine par Revenir à l’Évangile, un ministère situé au Québec. Rendez-vous sur leur site Web pour trouver des ressources similaires.