Être membre de l’Église

L’adhésion à l’Église se trouve-t-elle dans la Bible ?

Article
04.28.2011

« L’épouse du Christ ne peut souffrir l’adultère ; elle est incorruptible ; elle ne connaît qu’une seule maison, qu’un seul lit conjugal. C’est elle qui nous conserve pour Dieu, et qui, après nous avoir engendrés, nous conduit au royaume céleste. Quiconque se sépare de l’Église véritable, pour se joindre à une secte adultère, renonce aux promesses de l’Église. Les promesses du Christ ne sont pas pour celui qui abandonne son Église. Cet homme est un étranger, un profane, un ennemi. Non, on ne peut avoir Dieu pour père si on n’a pas l’Église pour mère. » – Cyprien, De l’unité de l’Église

J’avais 28 ans lorsque je suis devenu le pasteur de Highland Village First Baptist Church (aujourd’hui connue sous le nom de « The Village Church »). J’avais vécu une mauvaise expérience avec l’Église dans le passé et je n’étais pas encore entièrement sorti de ma phase « déçu par l’Église locale ».

En toute franchise, je n’étais pas sûr à cette époque que l’adhésion à l’Église était quelque chose qui se trouvait vraiment dans la Bible. Malgré tout, l’Esprit de Dieu m’avait clairement convaincu que j’allais être le pasteur de cette petite Église dans la banlieue de Dallas. C’était l’un des nombreux paradoxes de ma vie en ce temps-là.

Highland Village First Baptist Church était une église « orientée vers les perdus », dans la lignée de Willow Creek. Elle n’avait aucun processus formel d’adhésion, même si elle travaillait activement à en élaborer un et désirait l’avis du nouveau pasteur. J’avais une solide compréhension de l’Église universelle, mais je ne m’y connaissais pas très bien (et, comme je le disais, j’étais un peu sceptique) en matière d’Église locale. On a commencé à croître rapidement avec l’arrivée de nombreux jeunes dans la vingtaine. Il s’agissait de jeunes adultes désenchantés qui n’avaient pas vraiment d’arrière-plans religieux ou qui avaient fréquenté de mauvaises églises. Ils aimaient Highland Village, car on était « différent ». Cela toujours m’a semblé étrange, car on ne faisait rien d’autre que prêcher et chanter.

Au fil des conversations avec ces hommes et ces femmes, j’ai commencé à entendre des choses telles que : « L’Église est corrompue ; tout tourne autour de l’argent et de l’ego d’un pasteur » ou « J’aime Jésus, mais j’ai un problème avec l’Église ». Ma préférée était : « Dès qu’on organise l’Église, elle perd de sa puissance. » Bien que certains de ces commentaires trouvaient parfois un écho en moi (j’avais, comme la plupart des gens de ma génération, un problème avec l’autorité et l’engagement), j’étais dans la confusion, puisqu’ils m’étaient adressés par des personnes qui fréquentaient l’Église dont j’étais le pasteur.

Deux questions soulevées par Hébreux 13.17

Avec des conflits déjà présents sur d’autres doctrines qui me paraissaient prioritaires, je me demandais si l’on ne devrait pas remettre à plus tard cette question d’adhésion à l’Église. À l’époque, je préparais une prédication sur le livre d’Hébreux. J’étais en train de lire le chapitre 13 lorsque le verset 17 m’a sauté aux yeux : « Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes dont ils devront rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. »

Deux questions me sont venues à l’esprit. Tout d’abord, s’il n’y a aucune exigence biblique d’appartenir à une Église locale, à quels dirigeants un chrétien doit-il obéir et rendre des comptes ? Deuxièmement, et à titre personnel, de qui vais-je rendre compte en tant que pasteur ?

Ces deux questions, qui étaient étroitement liées aux concepts d’autorité et de soumission, m’ont poussé à développer une compréhension biblique de l’Église locale.

Concernant la première question, la Bible commande clairement aux chrétiens de se soumettre et d’honorer un groupe d’anciens (Hé 13.17 ; 1 Ti 5.17). Si nous n’avons pas à adhérer à une Église locale, à qui doit-on obéir et se soumettre ? À toute personne possédant le titre d’« ancien » de n’importe quelle Église ? Devez-vous, en tant que chrétien, obéir et vous soumettre à ces fous de la Westboro Baptist Church ? Pour obéir à la Bible, devez-vous venir manifester aux funérailles des soldats, comme semble le croire le pasteur de cette Église ?

Quant à la seconde question, la Bible commande clairement aux anciens de s’occuper de personnes spécifiques (1 Pi 5.1-5 ; voir aussi Ac 20.29,30). En tant que pasteur, aurai-je à rendre compte de tous les chrétiens dans la région métropolitaine de Dallas ? Il y a beaucoup d’Églises à Dallas avec lesquelles j’ai de fortes divergences théologiques et philosophiques. Suis-je responsable de ce qu’elles enseignent dans leur petit groupe, de leur façon de dépenser leur argent et de ce qu’elles font concernant les missions internationales ?

Qu’en est-il de la discipline dans l’Église ?

Après avoir examiné les questions d’autorité et de soumission, la deuxième question qui a émergé lors de mon étude sur l’Église locale est l’enseignement biblique sur la discipline ecclésiastique.

C’est un thème qui revient à plusieurs endroits dans la Bible, mais aucun passage biblique n’est plus explicite que 1 Corinthiens 5.1-12. Dans ce texte, Paul réprimande l’Église de Corinthe pour avoir approuvé un homme qui vit dans une immoralité sexuelle flagrante et impénitente. Les Corinthiens célébraient cela comme une grâce de Dieu, mais Paul les avertit qu’ils ne devraient pas se vanter d’une telle perversion, mais plutôt s’en affliger. Il dénonce leur arrogance et leur dit d’ôter cet homme du milieu d’eux pour la destruction de sa chair et dans l’espoir du salut de son âme. Dans les versets 11 à 13, il ne mâche pas ses mots : « Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est débauché, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors ? N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? »

Malheureusement, je n’ai connu que très peu d’Églises pratiquant encore la discipline ecclésiastique, mais c’est un sujet pour un autre article. Ma question sur ce texte est simple : comment peut-on exclure quelqu’un d’un groupe alors qu’il n’en a jamais fait partie ? Si une personne ne s’engage pas envers une communauté locale de croyants, comment est-il possible de l’exclure de cette assemblée ? La discipline dans l’Église ne peut fonctionner que dans le contexte de l’adhésion à l’Église locale.

D’autres éléments de preuve en faveur de l’adhésion

D’autres preuves bibliques viennent corroborer l’adhésion à l’Église locale.

Nous voyons dans Actes 2.37-47 qu’il y a un dénombrement de ceux qui ont professé Christ et qui ont été remplis de l’Esprit Saint (v. 41) ; il y est aussi mentionné que l’Église tenait des comptes sur sa croissance (v. 47).

Dans Actes 6.1-6, des élections ont eu lieu afin de répondre à un problème spécifique et à une accusation.

Dans Romains 16.1-16, il semble qu’on nous présente une esquisse de ce à quoi ressemblent des membres d’églises locales.

1 Timothée 5.3-16 fournit un enseignement clair sur la façon de s’occuper des veuves dans l’Église. En outre, on lit ceci dans les versets 9 à 13 :

Qu’une veuve, pour être inscrite sur le rôle, n’ait pas moins de soixante ans, qu’elle ait été femme d’un seul mari, qu’elle soit appliquée à toute bonne œuvre, ayant élevé des enfants, exercé l’hospitalité, lavé les pieds des saints, secouru les malheureux, pratiqué toute espèce de bonnes œuvres. Mais refuse les jeunes veuves ; car, lorsque la volupté les détache de Christ, elles veulent se marier et se rendent coupables en ce qu’elles violent leur premier engagement. Avec cela, étant oisives, elles apprennent à aller de maison en maison et non seulement elles sont oisives, mais encore causeuses et intrigantes, disant ce qu’il ne faut pas dire.

Dans ce texte, on peut voir les critères d’admissibilité pour le programme de prise en charge des veuves d’Éphèse. L’Église locale à Éphèse est organisée et met en place un plan.

On pourrait poursuivre en se demandant comment on pourrait obéir aux commandements de Dieu dans 1 Corinthiens 12 ou Romains 12, si nous ne sommes pas liés à une communauté locale de croyants. Or, pour passer en revue tous ces textes, il faudrait plus de temps que je peux en consacrer à cet article.

Le plan de Dieu est que l’on fasse partie d’une Église locale

Quand on se met à étudier ces textes, il est clair que le plan de Dieu pour son Église est que l’on fasse partie d’une communauté locale de croyants. C’est pour notre propre protection, pour notre croissance spirituelle et pour le bien d’autrui.

Si vous voyez l’Église comme une sorte de buffet ecclésiologique, vous limitez sérieusement vos chances de croître en maturité. Grandir dans la piété peut être douloureux. Par exemple, mon interaction avec les membres de mon Église locale peut révéler plusieurs choses : mon manque de zèle, mon impatience, mes difficultés dans ma vie de prière, ou encore ma réticence à rechercher l’humilité (Ro 12.11-16). Pourtant, cette interaction me donne aussi l’occasion d’être repris avec amour par des frères et sœurs qui sont au front avec moi. Elle m’amène à me confesser et à me repentir. Si l’Église n’est qu’un endroit que vous fréquentez sans jamais vous engager, peut-être serait-il bon de vous demander si vous êtes de ceux qui changent d’Église dès l’instant où l’Esprit commence le vrai travail dans leur cœur.

Que faut-il retenir de tout cela ? L’adhésion à l’Église locale est une question d’obéissance biblique, et non de préférence personnelle.

Cet article a été traduit et publié à l’origine par Revenir à l’Évangile, un ministère situé au Québec. Rendez-vous sur leur site Web pour trouver des ressources similaires.